Cette idée d’article m’est venue lorsque j’ai repensé à une petite scène de ma vie, qui s’était déroulée quelques années auparavant.

Alors que j’étais en train de préparer à manger dans la cuisine, un proche est venu et m’a regardée éplucher des gousses d’ail. Il m’a alors dit qu’il fallait que j’enlève le germe, car, à ce qu’il paraît, c’est très toxique. Et comme cette personne est biochimiste et est familier des molécules des plantes, je l’ai cru sur parole. De plus, à ce moment-là, j’avais commencé à utiliser des espèces d’ails très gros et j’avoue que leur germe me paraissait énorme !

Par la suite, j’ai revu ma sœur pendant des vacances et elle m’a demandé, intriguée, pourquoi j’enlevais toujours le germe de l’ail avant de l’utiliser. Je lui ai alors raconté ce qu’on m’avait dit sur le sujet. Suite à ça, elle aussi a décidé, à cette époque, de faire pareil.

Mais par contre, quelques années plus tard, lorsque j’ai revu ce proche qui travaillait dans les laboratoires, je lui ai demandé de m’expliquer encore une fois pourquoi devait-on absolument enlever cette partie de la gousse. Et à mon grand étonnement, il m’a répondu ne pas en savoir davantage, mais qu’il m’avait juste répété ce qu’il avait entendu quelque part.

Je peux vous dire, qu’à ce moment-là, j’étais stupéfaite ! J’avais adopté ce petit rituel en me basant sur les dires d’une personne que je pensais assez compétente pour savoir de quoi il parle dans ce domaine. Et ce, même si, grande consommatrice d’ail depuis des années, je n’avais jamais enlevé ce petit bout auparavant et que cela ne m’avait jamais causé une gêne quelconque. Pire, j’avais aussi « enrôlé» ma sœur dans cette pratique !

ail découpé en 2
Ail

Mais le plus étonnant, c’est que malgré cet épisode, j’ai quand même continué à dégermer mes gousses d’ail. En effet, partout autour de moi (télévision, livre de cuisine, amis, …), on ne jurait que par cette manière de faire.

Et pour cause, on a l’habitude d’attribuer tous les effets néfastes de l’ail à ce petit bout de germe. Et pourtant, il se pourrait bien qu’il soit innocent de tous les maux qu’on l’accuse !

L’ail germé a une mauvaise réputation

Ainsi, dans l’inconscient populaire, ce petit bulbe ferait encore plus roter que l’ail lui-même. De plus, elle accentuerait, de façon significative, la mauvaise haleine que l’on a après avoir consommé un plat aillé.

Et il paraîtrait même que ce serait encore pire lorsque le germe devient vert. Et comme les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules, le germe bien développé et déjà vert apporterait de l’amertume à votre plat.

Bref, vous l’aurez compris le germe de l’ail, c’est le diable en personne !!

Mais minute papillon ! Ce n’est pas parce que tout le monde pense et agit de cette manière que c’est forcément la vérité. D’ailleurs, cela me rappelle cette question : « Si tout le monde sautait d’une falaise, est-ce que tu le ferais aussi ? ».

Parce que déjà, premièrement, aucune thèse scientifique n’a prouvé les méfaits du germe. Du moins, les plus sérieuses.

Deuxièmement, il semblerait plutôt que cela soit le contraire. En effet, de nombreuses études ont démontré que ce petit appendice qui ressort, parfois, de la gousse serait plutôt bénéfique à notre santé.

Les bienfaits de l’ail germé

En effet, l’ail germé contient plus de substances nutritives que celui non germé. Ainsi, par exemple, il est plus riche en antioxydants (allicine et disulfure d’allyle), lesquels luttent contre les radicaux libres qui sont responsables de la détérioration de l’ADN.

ail germe vert
Ail germe vert

Il faut savoir que l’antioxydant est, principalement, la raison pour laquelle l’ail est efficace dans la lutte et la prévention de certaines maladies, comme : le cholestérol, certains cancers, le vieillissement cutané prématuré, les maladies cardio-vasculaires, … etc.

Par ailleurs, des scientifiques asiatiques ont découvert d’autres bienfaits de ce bulbe vert. Ainsi, il serait aussi efficace contre les symptômes d’une intoxication alimentaire, d’une diarrhée, ou d’une gastro-entérite, …

L’explication de tous ces bienfaits se trouve, également, dans la production de substances chimiques, appelées « phytoalexines », pendant la germination.

En effet, lorsque l’ail commence à germer, il produit cette substance pour se défendre, car il devient alors plus vulnérable aux insectes et virus. Et ce qui est intéressant, c’est que notre corps peut aussi utiliser les phytoalexines pour combattre certaines infections.

Néanmoins, malgré toutes ces propriétés bénéfiques à notre santé, nous avons vu précédemment que le germe de l’ail n’a toujours pas bonne presse auprès de certaines personnes. J’en veux pour preuve, par exemple, tous les mots clé que j’ai trouvés en tapant les termes « germe ail » dans Google. Voici quelques résultats : germe ail poison, germe de l’ail mauvais, ail vert toxique, germe ail cancerigene, …

Mais pourquoi donc tout ce désamour ? C’est ce que nous allons tenter de savoir.

Tout d’abord, cette gousse miraculeuse est réputée pour donner une haleine de chacal. Bon, je ne vais peut-être pas acquiescer à cette exagération, mais ce n’est pas tout à fait faux. L’ail, en lui-même, lorsqu’il est écrasé ou coupé, produit beaucoup de soufre (allicine). C’est ce dernier qui est responsable du problème odorant dans notre bouche.

Et comme le germe est encore plus riche en dérivés soufrés et en enzymes que l’ail non germé, on l’accuse d’aggraver encore plus le problème de mauvaise haleine et de provoquer plus de rots odorants. Ca y est, je vous vois déjà sourire. Oui, je sais, ce n’est pas toujours facile d’être blogueuse et d’aborder des sujets gênants. Mais bon … revenons à nos moutons.

Et bien figurez-vous que ce n’est pas forcément vrai et que même s’il y avait une différence, ce serait tellement infime que ça ne se verrait même pas. Germe ou pas, sachez que le fait de consommer de l’ail changera quand même votre haleine et vous provoquera aussi ces petits rots désagréables. Et pour ce qui est du petit côté amer du bulbe verdâtre, c’est tellement infime que ça ne peut pas changer énormément le goût de vos plats.

Par conséquent, il serait dommage de se priver de tous les bienfaits de l’ail germé pour ces quelques petits désagréments. De plus, il semblerait bien que ce ne soit qu’en France et dans quelques pays voisins seulement, qu’on a adopté cette habitude d’enlever le germe.

Cependant, le choix vous appartient et si, vraiment, vous avez constaté que le germe est beaucoup moins digeste, alors vous pouvez toujours l’ôter.

Comment enlever le germe de l’ail

C’est un jeu d’enfant, puisqu’il vous suffit de couper l’ail en 2 dans le sens de la longueur. Ensuite, avec la pointe de votre couteau, ôtez le germe qui se trouve dans les 2 moitiés de l’ail. Celui-ci se trouve, généralement, au centre de la gousse.

germe de l'ail
Dégermer l’ail

Toutefois, retenez bien que l’ail en lui-même est un allié presque miraculeux pour votre santé, en plus de relever délicieusement vos plats. Puisque germé ou pas, ce condiment possède des propriétés anti-âge et anti-microbiennes efficaces ; il renforce le système immunitaire ; il prévient des infections des voies respiratoires ; il aide à combattre la grippe, le rhume, … etc. Par contre, il faut privilégier l’ail cru à l’ail cuit.

J’aimerais, également, finir cet article par quelques conseils pour atténuer les désagréments quant à la consommation de l’ail. Ainsi, il est conseillé de croquer un grain de café, ou de mâcher un brin de persil ou encore un clou de girofle, … Sinon, vous pouvez toujours réduire la quantité d’ail dans vos recettes.

Pour enlever l’odeur de l’ail sur les mains, il suffit de se laver les mains avec du savon. Puis de les frotter avec un objet en acier inoxydable comme une cuillère, le plat d’un couteau, … Et enfin, prenez certaines dispositions comme ne pas manger de l’ail à chaque repas, ou éviter d’en manger lorsque vous devez assister à une réunion importante.

Et vous ? Êtes-vous pour ou contre enlever le germe de l’ail ?

Crédits : « 6_06_LaCuisineAil » de Claude Valette / « Garlic » Knoflook de Erich Ferdinand